L'Etape Sanfloraine, à laquelle je participe pour la seconde fois ce dimanche 16 août, vient clôturer en beauté une quinzaine de jours de vacances durant lesquels j'aurai escaladé quelques cols alpins et mené à bien ma tentative de devenir un "Cinglé du Ventoux".

Arrivé à Saint-Flour la veille en fin d'après-midi, en provenance directe des Alpes, et après avoir récupéré mon dossard, je rejoins quelques "Cyberpotes" pour un repas pris en terrasse dans la ville haute, non loin de l'hôtel.
La nuit a failli être agitée, un char toute musique hurlante - soirée d'enterrement de vie de garçon! - venant se poster sous le coup de 23h sous les fenêtres de l'hôtel et y restant une bonne demi-heure. Mais, il finira par partir importuner d'autres malheureux jusqu'à une heure avancée de la nuit.
C'est finalement relativement décontracté que je descends vers 8h effectuer les derniers préparatifs... mais ça ne va pas durer. Un coup d'oeil sur les pneus pour m'assurer que tout va bien et je suis pris d'un doute en voyant que le pneu arrière présente un début de fissure sur le flanc. Je préfère finalement le changer pour partir totalement serein. Mais de ce fait, je renonce à un semblant d'échauffement...
Avec Laulau, nous descendons maintenant de la vieille ville vers le lieu de départ, distant de 2,5 km. Bénéficiant d'un dossard prioritaire, je prends place dans le premier sas, déjà bien rempli, et deuxième coup de chaud, j'ai oublié de mettre ma plaque sur le cintre... Tant pis, j'ai au moins mon dossard, il est trop tard pour faire demi-tour.
La journée s'annonce belle et chaude, je sais que je vais souffrir de la chaleur, c'est même le principal enseignement que je retire de mes dernières cyclos : il est vrai que j'avais été épargné par les grosses chaleurs en 2007 et 2008, malgré ma participation à une trentaine de cyclosportives.
Nous sommes environ 240 à nous élancer pour un long périple de 151 km et 2750 m de dénivelé positif. D'emblée je remonte à l'avant pour ne pas attaquer les descentes au fond du peloton. Et cela réussit plutôt bien, j'aborde la première descente en tête, ce qui m'évite de faire l'élastique comme l'an dernier sous la pluie. J'entends Karl derrière moi me prodiguer ses conseils, que j'essaie de suivre à la lettre.
La seconde descente vers le Viaduc de Garabit, toujours aussi majestueux, me voit reculer - on ne se refait pas - mais moins que d'ordinaire, si bien que je n'ai qu'un effort réduit à fournir pour recoller au bas de la côte de Faverolles.
L'an dernier, rien que la vue du panneau "Sommet 5 km" m'avait clouée au sol, vaincu d'entrée par des douleurs intestinales. Là, je réussis à prendre le rythme rapidement sans trop forcer, évitant de ci, de là quelques gars qui coincent. Je suis content, ça démarre plutôt bien. Un peu décroché néanmoins dans l'entrée de Faverolles, avec la sensation de plafonner quelque peu, surtout dans ce virage serré à droite... Sans me crisper, je participe à la poursuite dans la descente vers le Pont du Bès, où je recolle finalement.
Il est difficile de dire exactement combien nous sommes à ce moment-là, peut-être une soixantaine, les 2 parcours étant partis ensemble, je vois à peu près autant de dossards "151km" que de "114km" .
Nous abordons rapidement la seconde difficulté, la côte de Fridefont... La tête de course accélère, je tiens 1km, 2km et je cède. Impossible de hausser le rythme, au contraire les jambes sont douloureuses, dures comme du bois. J'essaie de me dresser sur le vélo pour reprendre un peu de vitesse mais rien à faire, je flanche !
Pour autant, il n'y a pas grand monde qui me dépasse, alors j'essaie de retrouver mon second souffle en ralentissant un peu. Au haut de la côte, je parviens à revenir sur un petit groupe de 8/10 gars non loin de la tête de course.

Une petite zone de plat - et il n'y en aura pas beaucoup -, me permet de récupérer un peu et de m'alimenter, ce qui n'est pas du goût d'un de mes compagnons, qui me reproche de laisser un trou sans l'avoir prévenu !
Nous roulons néanmoins à bonne allure, si bien que nous reprenons un Pascal Vial esseulé avant la descente vers Chaudes-Aigues, menée très rapidement. J'y prends presque du plaisir, à effectuer cette descente ! Mon séjour dans les Alpes semble indéniablement porter ses fruits !
Après avoir traversé rapidement Chaudes-Aigues, sous les applaudissements de nombreux spectateurs comme souvent en Auvergne, nous entamons une montée de 3,5 km au début de laquelle je m'aperçois vite que je suis émoussé par ce départ rapide, à un niveau inhabituel pour moi sur ce type de terrain. Je recule doucement mais sûrement, et je ne fais pas l'effort pour revenir, par peur d'exploser plus loin probablement ! Je me retrouve au Puy de la Crousset avec un gars du Team Eco Cyclo, Thierry Firmin, à qui je lance un peu décontenancé "Je ne me souvenais plus que c'était si dur"...
Après avoir un peu récupéré à nouveau, nous sommes repris par un groupe assez consistant d'une dizaine d'unités et nous délaissons les routes larges pour emprunter de petits chemins bien ombragés par endroits. Une fois passé Lieutadès, nous entamons une périlleuse descente vers le Pont de Tréboul, dont j'ai gardé un très mauvais souvenir l'an dernier sur une route humide. Ca va très vite, mais je vois petit à petit s'éloigner le groupe. Etant dernier de la file, il se trouve que les 2 gars devant moi semblent ne rien pouvoir faire pour réduire l'écart. Devant moi, c'est Laurent Doucet, je me demande s'il a finalement l'intention de doubler celui qui le précède... Après tout, lui il fume la pipe dans les côtes, il n'est certainement pas inquiet...
Alors j'attends l'occasion pour pouvoir doubler, ce que je parviens finalement à faire en forçant mon tempérament et après quelques virages et relances, j'arrive à recoller à la tête du groupe, peu avant le Pont de Tréboul. C'est préférable, avant la côte qui se profile...
Pour arriver à Pierrefort, où nous attend une ambiance festive, il faut auparavant monter cette côte de 5 km, débutant par petits paliers successifs. Nous apercevons un petit groupe non loin devant et de ce fait, le rythme accélère tout au long de la montée, où je dois m'accrocher pour ne pas sauter. Les 2 derniers km, menés à un train d'enfer par un Laurent Doucet impérial en montée sont bien durs à négocier. Plusieurs fois je lâche prise et seule la force du désespoir me permet de m'accrocher à nouveau... Lorsque nous sommes au sommet, la récompense est au bout, nous reprenons un bon peloton, en réalité le groupe duquel j'avais sauté dans la côte de Chaudes-Aigues. Par malice, je viens me repositionner juste devant le gars qui m'avait reproché une heure plus tôt d'avoir laissé un trou... on s'amuse comme on peut !
Pierrefort... la boulette !!
Un crochet à gauche, nous traversons la zone de ravitaillement... les bénévoles tendent des gobelets... la tentation est trop forte, je m'arrête, constatant que certains en font autant... Oh, ça ne dure pas longtemps, mais en repartant, c'est trop tard... le groupe n'est pas très loin, mais je n'ai pas la force de faire l'effort pour revenir. Et pourtant j'aurais dû, j'ai oublié que la côte suivante ne se présentait pas immédiatement.
Je vais trainer ma misère sur les 5/6 km suivants, incapable de retrouver la bonne carburation. Un gars me dépasse en m'enjoignant de le suivre... Impossible !
Après la côte suivante, peu avant le carrefour des 4 routes de Cezens qui marque la séparation entre les 2 parcours, je suis repris par un petit groupe que j'espère bien suivre durablement. Le premier à me dépasser, dossard 22, m'encourage. Je saurai après qu'il s'agit de Laurent Debaene. Sympa ! Je reconnais dans ce peloton Karine Seysset et un gars de Cournon d'Auvergne avec lequel j'avais effectué la Michel Grain. Je lui dis d'emblée que je n'arriverai pas à le suivre jusqu'au bout cette fois !
La descente vers la vallée de Brezons est rondement menée et c'est à bonne allure que les quelques kimomètres de cette vallée, nous menant au pied du col de la Grifoul, sont parcourus sous une chaleur de plus en plus intenable et face à un vent défavorable.
Bien désagréable cette portion, avec cette abominable voiture suiveuse au cul... Je croyais que c'était interdit ! Alors que j'ai toutes les peines du monde à me refaire une santé, j'ai en plus l'impression de gêner les opérations de ravitaillement du petit groupe ! Enfin une partie, car un gars ayant la bonne idée de demander de l'eau aux occupants de la voiture, se verra opposer un refus catégorique...
Nous voici au pied du col de la Grifoul. Exténué et écrasé par la chaleur, déconcentré par le manège de la voiture suiveuse, je décide, persuadé que je ne suivrai pas dans la montée du col, de mettre pied à terre au ravitaillement du Bourguet. Je me jette sur l'Auvergnat Cola frais, en descendant 4 ou 5 verres et entreprends de remplir mon bidon d'eau. 2 bonnes grosses minutes de perdues, mais ce n'est pas grave, je préfère monter le col à ma main et ne pas subir le rythme. Je repars peu de temps après Thierry Firmin qui s'est également arrêté assez longtemps au ravito.
Rapidement, je fais le constat que la montée sera difficile. Je n'arrive pas à me caler sur une moyenne de 14 km/h, qui me permettrait de mettre une demi-heure pour rejoindre le col. En outre, la montée est exposée en permanence au soleil. L'atmosphère est étouffante.
Les jambes sont très douloureuses, comme jamais je ne l'avais senti auparavant. J'ai peut-être été trop gourmand durant les vacances en matière de dénivelé. Je dois manquer de fraîcheur...
4 km environ avant le sommet du col, j'entends un voix à l'arrière qui m'appelle : c'est Laulau. Pu... qu'il grimpe bien, il me laisse sur place ! Même pas ça ne me donne un coup de fouet !!
2 km plus loin, c'est une athlète de choc qui me double : Sylvie Quittot herself, championne de France de Duathlon longue distance, partie seule à l'assaut des groupes précédents, sans aide ni assistance... La grande classe ! J'avais fini la Vél'Automne 2008 avec elle, qui avait tenu le choc malgré une lourde chute à 50 km de l'arrivée...
Enfin, le col est en vue. Je n'ai pas la force d'accélérer beaucoup, alors que l'an dernier nous étions 3 à sprinter sur le dernier km. Je suis toujours à quelques tours de roue de Thierry Firmin, derrière lequel j'entame la courte descente vers l'ascension du Plomb du Cantal (Prat de Bouc), point culminant de l'épreuve.
Bizarrement, cette ascension, sous un ciel momentanément voilé, se passe très bien. Contrairement à l'an dernier, je n'oublie pas de repasser le petit plateau au moment de débuter l'ascension, ce qui est plus simple, il faut bien l'avouer.... Puis nous dépassons à nouveau quelques gars avant de faire une nouvelle petite halte au ravitaillement au Col, histoire de reprendre quelques forces avant les 40 derniers km.
Descente menée tambour battant, avec une pointe à 73 km/h pour moi, malgré les gravillons présents sur la chaussée et le très mauvais revêtement du village d'Albepierre. Parti avec un temps de retard du ravito, j'arrive à revenir avant le lieu-dit d'Auzolles sur Thierry Firmin et Olivier Courteix, puis je me mets résolument à l'avant pour rallier l'arrivée le plus rapidement possible. Dans la côte de Meymargues, je me retrouve un nouvelle fois seul avec le porteur du maillot Eco Cyclo, très accrocheur dans la montée, mais revenus sur le plat, nous sommes rejoints par un Hollandais (doss 23) qui va venir perturber mes bonnes dispositions du moment. En effet, il prend des relais très prononcés, auxquels il m'est difficile de répondre. Cela a le don de me faire pester en silence... A ce rythme, nous reprenons 2 éléments, dont un Saumurois et un porteur de maillot Ekoi, qui finira lui aussi par me reprocher les espaces laissés devant moi. Je fais de plus en plus l'élastique sur la vingtaine de km suivants, contraint de passer en force les quelques talus ici et là, pour recoller au petit groupe.
A 10 km de l'arrivée, au bas de la descente de Sériers effectuée derrière le gars de Saumur encore plus mauvais que moi en descente (et à qui j'ai failli demander s'il y avait des côtes à Saumur!), la côte de 1,5 km qui se profile est de trop. Je me rassois, sans chercher à suivre. De toute façon, à regarder le compteur de près, j'ai déjà explosé mes objectifs en temps et probablement en classement. Et comme je me suis promis de ne pas disputer le sprint à mes 4 comparses - d'ailleurs l'aurais-je voulu, je ne suis pas certain de l'avoir pu - autant laisser filer.
Elle est bien longue cette montée, je me surprends à zig-zaguer sur la route, c'est vraiment pas la grande forme. Le bidon d'eau est vide. Ma vie pour un Coca !
Au haut de la côte, je retrouve Michel Richard, à qui je demande s'il est premier dans sa catégorie des 60 ans, mais il n'a plus les idées très claires non plus...
Il reste encore ce bon raidard à Villedieu, culminant à plus de 10%, avec au bout une longue descente vers Saint-Flour, où je suis pris de vives douleurs aux côtes, en passant sur les déformations de la route.
Puis c'est la montée finale vers la Vieille Ville de Saint-Flour. Je ne force pas le talent, étant seul et je passe la ligne au ralenti, complètement lessivé. Le compteur affiche 5h13.
Finalement, je termine 51ème au scratch, 12ème dans ma catégorie (85/23 en 5h32 en 2008). Il faut croire qu'un bon départ est déterminant pour la suite, car malgré mes 50 difficiles derniers km et 3 arrêts aux ravitaillements, je réalise certainement une des meilleures performances sur ce type de parcours à fort dénivelé. De bon augure pour la suite !

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